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Sex, drugs and Eny
Le marquis de Sade
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Ce s'ra beau
« Se sentir fautif pousse à l’action ».
Ca sonne bien hen ? Ptin y a pas à chier, ça déchire. C’est comme :
« Je savais et je n’avais pas peur »
Sérieux, j’adore.
Quand j’tais gosse, j’les ai tous vu. Tous ! Sans expression ! Sans expression, tous j’vous dis !
Enfin non c’est pas ça. Enfin si c’est ça, tous, faut pas qu’vous en
veniez à croire que pas tous alors que tous. Mais c’est pas sans
expression (pour ça qu’j’ai dis « enfin non » juste avant), mais c’est
pas sans expression, mais sans exception. C’est qu’j’me suis trompé de
mot. Quand j’m’emporte comme ça, j’me trompe de mot… parfois… enfin…
bref !
Parc’qu’en fait de l’expression y en avait ! Même tout plein… et
qu’c’est ça qui m’a décidé à faire plus tard c’que j’vous dirais après
qu’j’ai fais avant . Enfin, quand je dis plus tard, c’était avant
qu’c’était plus tard. Parc’que maint’nant c’est devenue avant et
qu’c’est pour ça qu’j’ai terminé ma phrase en disant avant parc’que
c’était pas avant d’avant mais bien avant de maint’nant.
Si vous me suivez. J’veux dire si chui père… enfin clair ! Bref !
J’les ai tous vu comme j’vous le disait avant… de maintenant.
Hey, suivez merde ! Sinon j’y arriverai pas.
J’les ai tous vu, comme j’vous vu, de « Full Metal Jack »et à « l’Arme
Fatale », en passant par « Pulp Fiction » et les « Star Wars », les «
psycho », les « Massacre à la Tronçonneuses » etc…
Tous ! Tout ceux où qu’ça tuait et qu’ça pétait de partout ! Où qu’ça
canardait ! Pis z’avaient tous la classe. Y déchiraient grave même.
C’que j’adorais surtout c’tait les phrases qu’i’disaient avant qu’de
tuer les gens. Si vous voyez. Genre :
« C’en est finie pour toi ! »
ou encore :
« Prie, il ne te reste que ça »
Moi j’adorais comme y z’avaient la classe. Alors bah, j’ai voulu faire
ça. J’ai décidé qu’c’tait mon métier. Premier problème : Sérial Killer,
c’était bouché ! Puis bon… J’avais les boules de me faire « chopper »
comme on dit dans le milieu.
Alors j’ai décidé de faire dans le légal : l’armée !
Ptin ! ça c’était la classe.
Mais j’y reviendrai plus tard. Plus tard de maintenant. D’abord faut
qu’j’vous dise comment qu’c’est dur de se trouver ses phrases. Faut pas
les louper. Ca se prépare à l’avance ! C’est vrai quoi ! z’imaginez,
z’êtes devant le mec, et là ! Vous savez pas quoi dire ? Non ! On est
sérieux dans le métier. On s’prépare avant. Hum, acant du moment qui
s’ra après d’l’avant où on décide de liquider le gas. Pour qu’ce soit
beau après. Enfin logiquement avant pour le gas, parc’qu’après il est
plus là pour voir si c’était beau avant et même après d’ailleur. Tout
ça pour dire que j’ai creusé pendant trois ans. Et qu’j’ai trouvé !
Avant de le buter, j’dirais :
« Se sentir fautif pousse à l’acte »
Pis après qui s’rait tout bois… (froid) ce s’rait :
« Je savais et je n’avais pas peur »
Ca pétait grave la classe sérieux.
Alors j’me suis engagé. J’étais fin de prêt. C’est là qu’j’en arrive à comment qu’c’est maintenant.
Ben voilà, ch’crapahute tout partout dans le globe, dans des pays qu’on
comprend jamais rien au nom pis j’tue des gens « pour les sauver d’eux
même », ou un truc du genre. Ca, c’est une phrase du cap’tain. Mais
c’est pas le sujet du thème qu’on veux aborder parc’que là, on parle de
moi et qu’j’me ferai pas chier à dire tout ça pour parler de quelqu’un
d’autre que moi qu’est même pas là. Chacun sa tirade, et tout le monde
est content !
Donc… j’en étais… Ah ! oui.
Ben j’ai tué tellement de monde (vous m’croyez ou pas hen) que j’m’e
rappelle même plus combien. Mais… (vous m’croyez ou pas) j’ai jamais pu
dire mes phrases. Jamais eu le temps, tellement qu’ça canarde de
partout.
Et VLAN que j’t’en balance la grenade et BOUM et TATATATATA et PAN et
SPLATCH et ARG ! Pis avec tout ce foutoir de boucan ! Qu’j’les aurais
dis qu’on aurait même pas entendu. Pis le pire hen…. C’est que chui pas
le seul comme ça ! Les autres boys, sont comme moi. On cherche tous LA
foi et on a que des fois… Alors on continue de tuer pour trouver LA foi
(normal quoi). On est des sensibles, faut comprendre, des artistes et
tout, merde !
Quand j’pense qu’j’ai jamais pu le dire. C’est pt’être pour ça que
serial killer c’est bouché ! Tout l’monde fait ça pour avoir le temps
de dire comme y faut.
Mais j’le sais, un jour, j’le dirais et ce sra beau. Vous verrez quand
y retombera par terre et qu’j’dirais « Je savais, et je n’avais pas
peur ».
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Il était tellement beau...
Il était là, il avançait avec ses airs de grand duc, son sourire
étincelant, sa peau blanchement belle, ses yeux ténébreux, sa chevelure
de feu, son ptit nez à croquer. Il avait en plus cet air que je
qualifierai de fierensoit… ou de fierdesoit… enfin… un air de kekchose
quoi.
Je sais pas si vous avez déjà connu ça, c’est bizarre comme sensation.
Je suppose que vous l’avez connu, j’veux pas dire par là que c’est un
truc à vivre absolument ou que vous êtes incapable de connaître ça
mais… enfin moi c’est kekchose qui me fait vibrer en dedans, en dedans
de moi. J’vais expliciter pour ceux qui voient pas trop de quoi je
parle, parce que kekchose qui me fait vibrer en dedans de moi c’est un
peu ambiguë. Enfin… voilà… en gros, ça donne envie d’s’taper la tête
contre un mur, comme une conne, en récitant du Baudelaire. Vous savez «
A une passante », le coup de foudre en moins électrique quoi.
J’ai tout de suite su que c’était lui. J’l’ai suivis, j’l’ai filé,
comme dans les films, avec mon gros sac remplis de tout pleins de
trucs. On est arrivé comme ça. C’est à dire, lui en marchant tout beau
qu’il était et moi en l’filant comme dans les films.
On est arrivé dans une impasse. Comme dans les films didons ! J’ai
trouvé ça bizarre même que. Quelqu’un qui s’rend comme ça, avec tant
d’assurance, droit dans une impasse. Quoi qu’il en soit, j’sais pas
trop pourquoi, il s’est retourné (peut être venait il de comprendre
qu’il s’était trompé de chemin et qu’il revenait sur ses pas, j’en sais
rien) et en me voyant, il m’a sourit. J’ai trouvé ça rigolo et j’ai
pausé mon sac par terre. Lui c’est approché, tout beau qu’il était. Moi
j’ai ouverte mon sac, toute penaude que j’étais. J’en ai sorti un
marteau. C’était un beau marteau soit dit en passant. D’ailleurs j’me
rappellerai toujours de ce qu’il m’a dit en le voyant :
« Vous avez un beau marteau vous savez ? »
Moi, quand on me parle comme ça, ça me fait fondre. J’ai pas pu
résister. J’l’ui ai enfoncé le marteau dans son ptit nez à croquer. Ca
a fait kekchose du genre « crack » ; enfin pas exactement, mais j’ai
jamais été très bonne en onomatopée. Il est tombé par terre, comme ça !
sur le coup comme on dit ! J’ai trouvée ça rigolo même que. Alors j’me
suis sentie en confiance. J’ai vidé mon sac par terre et j’lui ai percé
ses yeux ténébreux à l’agrafeuse, scalpée sa belle chevelure de feu à
la ponseuse, bousillée sa peau blanchement belle à la scie sauteuse,
dégommée son sourire étincelant à la perceuse. Il était beau avec ses
airs de grand duc écrabouillé. Alors j’lui ai tapé la tête contre un
mur en récitant Baudelaire. Vous savez « Une Charogne ». J’étais
comblée. J’me rappelerai toujours de c’qu’il m’a dit :
« Vous avez un beau marteau vous savez? »
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L'homme du nord
L’homme du nord, avec ses livres par milliers,
regarde à sa fenêtre. Puis il se tourne vers ses bras et vers son
cerveau, n’y voyant rien qui puisse apaiser sa peur, il se replonge
dans la contemplation du lointain sud. L’homme du nord attend
depuis bien longtemps, il va et vient sur ses terres polaires, se
préparant tantôt un thé, tantôt un café. Il lit beaucoup aussi, l’homme
du nord, et parfois, quand il délaisse jusqu’à la musique, il prie. Nul
ne sait ce qu’attend l’homme du nord, mais il regarde, chaque jour,
chaque soir, vers le sud.
Toutefois, quand il devint clair que le sud lui
tournait le dot. Il s’alluma une cigarette, ferma les yeux et ne les
réouvrit plus jamais.
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Pour oublier je dors
Mon livre de Victor
Sent le Calvin Klein
Il me rappelle encore
Ces souvenirs lointains
Depuis, ma femme est morte
Et je peux me saouler
Au vin de l'assassin
J'ai tué ma bien-aimée
Un planté de couteau
N'aurait pas suffit
Il m'a fallu voir grand
Pour lui ôter la vie
Si je vais mieux maintenant
Je ne me le demande pas
Car j'ai défoncé ses dents
Pour qu'on ne me retrouve pas
Je me promène en ville
Avec toutes ces odeurs
De meurtres et de tortures
Qui me font toujours peur
Je lis encore souvent
Mon livre de Victor
Et aussi, je me mens
Et pour oublier, je dors
Je dors en chien de fusil
Pour ne plus penser au marteau
Aux fourchettes et aux scies
Que j'ai planté dans son dos
Si je vais mieux maintenant
Je ne me le demande pas
Car j'ai défoncé ses dents
Pour qu'on ne me retrouve pas
Maintenant ma femme est morte
Et je fais des cauchemars
Je ne regrette pas mon acte
Je regrette mon état
Je pensais m'en remettre
Mais en fait je ne peux pas
Un meurtre sur la conscience
Ca ne s'oublie pas comme ça
Alors je tourne en rond
Avec mon brave Victor
On a pété les plombs
On tue les chiens dehors
Si je vais mieux maintenant
Je ne me le demande pas
Car j'ai défoncé ses dents
Pour qu'on ne me retrouve pas
Mansfield.TYA
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L’oratorio d’Aurélia
La famille Chaplin a encore frappée. Mis en scène par Victoria Thiérrée
Chaplin et avec sa fille, Aurélia Chaplin dans le rôle principale. Nous
assistons au cirque nouveau. Tout se mélange, tout s’entrecroise, la
danse, le théâtre, les claquettes, l’illusionnisme, les
marionnettes, la musique dans un show féerique. Les
prouesses se succèdent avec beauté dans un univers étrange relevant
plus du rêve, d’un monde où les choses seraient inversées.
Le cirque s’y défait pour s’y refaire, se trouver un renouveau.
A noter aussi la performance du second rôle, Aidan Treays, un danseur vraiment excellent.
En tournée un peu partout en France, à voir absolument.
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Encore un coup,
Qui sait…
Passé est le temps des semonces,
Il y a longtemps qu’on ne les entends plus.
Encore un coup,
De marteau piqueur, ou de pique
Un coup de canon, sur le nu de mon crane.
Encore un coup
Sur les aires des centres villes ou sur les cents airs des filles.
Sans avoir l’air, il revient, sans cesse, à mon sang.
Et dans les enfers sans airs.
Encore un coup,
Alors à l’heure où les lieux, longtemps parcourus
S’écartent devant les coups de jadis, où je n’étais plus.
Plus mais pluriel, pourtant.
Où je n’étais, sauf dans ces coups.
Encore un coup,
Encore un coup,
Encore un coup,
A ma fenêtre fermée.
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